lundi 11 juillet 2011

L'arène et l'ombre

100e jour

Au centre de l’arène, seule contre cent à parer les mille attaques, esquivant les mille coups, évitant les mille avances, résistante comme un peuple et pourtant toute seule, tu repoussais l’ombre au-delà des deux océans.

Rais et chatoiements

99e jour

De noir vêtu, le visage entièrement nu, d’allure princière, ta nuque opalescente telle une colombe annonçant la fin de tous les hivers, l’assistance, ébahie, s’agrippait aux rais de ses émissions.

Appel tropical

98e jour

Ton appel, jamais anodin, quand il se produit, il secoue la flore tapie dans le cœur de tout admirateur. Et sa faune qui s’anime depuis sa steppe jusqu’à sa jungle tropicale.

Brise et bruissement

97e jour

Tu es l’encre et la plume quand elles s’allongent sur le ventre de la feuille : le signe qu’elles tracent ensemble, traduit ta finesse et le bruissement qu’elles diffusent, révèle ta musique. Le moindre geste est une brise et le moindre sens est un arôme qui élève la perception des cœurs.

Écho de feuille

96e jour

Telle une feuille solitaire, échouant sur tes récifs, rescapée de deux guerres de phosphore et une bataille de noyaux, l’écho de ta voix résonne encore aux versants de ses deux tours, perpétue le chant : phare à toutes les cécités.

dimanche 10 juillet 2011

Nectar

95e jour 

Si le papillon continue de survoler nos champs, toute sécheresse sera évacuée. Que ses ailes soient vertes ou jaunes, il nous enchantera toujours par ses frêles volutes. Il enseigne : le souffle de l’amour qu’il soit lourd ou léger, dense ou frivole, il attire l’œil et nourrit de nectar son assistance.

Traces de sens

94e jour

Tout collectionneur s’incline devant ton matin radieux et ton midi brumeux et ton soir joyeux, car tendres ou durs tes regards naissent et s’évanouissent sans laisser de traces, cultivent sans semences le secret des sens.

Soleil infini

93e jour

Au fond du voyage, ton chemin s’étire jusqu’aux frontières de l’infini et au fond du soleil, ton cœur émet en clair, rayonne sans battements : mystère troublant aux yeux de tes fidèles.

Rayons et frissons

92e jour

T’avoir dans mon champ et te croiser l'œil dans l'œil et te voir tourner dans ton orbite, tu éclaires la vue du cœur qui s’emplissait de passion, il embarque et te rejoins au vol dans les couleurs d’un siècle finissant et d’un autre naissant plutôt dans les frissons d’un millénaire agonisant et dans les palpitations d’un autre triomphant.

Lueur

91e jour

Ta lueur, une senteur de lavande et ta chair, une couleur d’ambre, ta beauté, un jardin suspendu autour duquel les secondes s’éternisent, ne s’écoulent pas et ne disparaissent pas, accomplissant, devant ta splendeur, la dévotion des adorateurs.

Braise et flamme

90e jour

L'Amour dans son sommeil comme dans son éveil brille sans être le reflet de personne, car elle est la braise et l'éclat de la braise, le feu et la flamme du feu, l’éclat de ce dernier et sa lumière, son incandescence et sa chaleur.