lundi 25 juillet 2011

Ciel d'argent


43e jour

L’homme te regarde et ne te quitte pas des yeux, il jure que tu l’attires, mais il ne voit pas l’aimant, est-ce l’air qui t’entoure et que tu partages avec lui, est-ce la lumière qui t’inonde et qui l’aveugle, est-ce ta révolution qui l’épingle à ton orbite? Il ne le sait, il navigue sans puissance, tourne autour de toi, suppliant la gravité d’alléger ton attraction pour qu'il te rejoigne, qu’il atterrisse dans ton lit.

Iris des marais

44e jour 

La latence de toute chose s'ébranle quand tu apparais, toute la raideur de la chair s’effrite et la rigueur du temps se dilue, les apprentis chanteurs chantent et l'évidence de toute chose se dérobe et l’obscurité de tout désir se dissipe.

Fontaine cristalline

45e jour

Elle l’est, malgré elle, la pourvoyeuse des rations d’amour aux connaisseurs de la soif, car nul ne peut égaler la magie de son esprit, elle émet en continu sons et images qui désaltèrent la passion des fidèles.

lundi 11 juillet 2011

L'arène et l'ombre

100e jour

Au centre de l’arène, seule contre cent à parer les mille attaques, esquivant les mille coups, évitant les mille avances, résistante comme un peuple et pourtant toute seule, tu repoussais l’ombre au-delà des deux océans.

Rais et chatoiements

99e jour

De noir vêtu, le visage entièrement nu, d’allure princière, ta nuque opalescente telle une colombe annonçant la fin de tous les hivers, l’assistance, ébahie, s’agrippait aux rais de ses émissions.

Appel tropical

98e jour

Ton appel, jamais anodin, quand il se produit, il secoue la flore tapie dans le cœur de tout admirateur. Et sa faune qui s’anime depuis sa steppe jusqu’à sa jungle tropicale.

Brise et bruissement

97e jour

Tu es l’encre et la plume quand elles s’allongent sur le ventre de la feuille : le signe qu’elles tracent ensemble, traduit ta finesse et le bruissement qu’elles diffusent, révèle ta musique. Le moindre geste est une brise et le moindre sens est un arôme qui élève la perception des cœurs.

Écho de feuille

96e jour

Telle une feuille solitaire, échouant sur tes récifs, rescapée de deux guerres de phosphore et une bataille de noyaux, l’écho de ta voix résonne encore aux versants de ses deux tours, perpétue le chant : phare à toutes les cécités.

dimanche 10 juillet 2011

Nectar

95e jour 

Si le papillon continue de survoler nos champs, toute sécheresse sera évacuée. Que ses ailes soient vertes ou jaunes, il nous enchantera toujours par ses frêles volutes. Il enseigne : le souffle de l’amour qu’il soit lourd ou léger, dense ou frivole, il attire l’œil et nourrit de nectar son assistance.

Traces de sens

94e jour

Tout collectionneur s’incline devant ton matin radieux et ton midi brumeux et ton soir joyeux, car tendres ou durs tes regards naissent et s’évanouissent sans laisser de traces, cultivent sans semences le secret des sens.

Soleil infini

93e jour

Au fond du voyage, ton chemin s’étire jusqu’aux frontières de l’infini et au fond du soleil, ton cœur émet en clair, rayonne sans battements : mystère troublant aux yeux de tes fidèles.

Rayons et frissons

92e jour

T’avoir dans mon champ et te croiser l'œil dans l'œil et te voir tourner dans ton orbite, tu éclaires la vue du cœur qui s’emplissait de passion, il embarque et te rejoins au vol dans les couleurs d’un siècle finissant et d’un autre naissant plutôt dans les frissons d’un millénaire agonisant et dans les palpitations d’un autre triomphant.

Lueur

91e jour

Ta lueur, une senteur de lavande et ta chair, une couleur d’ambre, ta beauté, un jardin suspendu autour duquel les secondes s’éternisent, ne s’écoulent pas et ne disparaissent pas, accomplissant, devant ta splendeur, la dévotion des adorateurs.

Braise et flamme

90e jour

L'Amour dans son sommeil comme dans son éveil brille sans être le reflet de personne, car elle est la braise et l'éclat de la braise, le feu et la flamme du feu, l’éclat de ce dernier et sa lumière, son incandescence et sa chaleur.

lundi 20 juin 2011

Flots et flux

89e jour

Il suffit que tu fermes les yeux qu’un flot d'amour submerge ton public, dans le flux de l’écrit et le bruissement des arbres. Assis, devant l'œuvre de tes lèvres, de ta langue, à genoux, il te priait et te chérissait, il t'entendait puis t'écoutait et enfin il buvait la moindre goutte de tes paroles.

Ciel des Andes

88e jour

Ouragan de jour, volcan de nuit et déluge le reste du temps est ton amour, là où il passe, il sévit, les étoiles s’allument et les flammes des chandelles dansent et la vie s’épanouit et le carnaval des plaintes et des complaintes s’évanouit.

Chorale bleue

87e jour

Quand elle récite les versets des étoiles, elle dévoile la magie des mots, leur danse et leur chant, leur musique et leur grande marche. Elle hante les palais des amoureux, émus et ébahis, ils reprennent en chœur ses paroles.